Newsletter Lib’Express éditée par l’AraPL Grand Sud
Directeur de la publication : Jean-Marc Daugé, Président de l’AraPL Grand Sud

N° 50
Septembre
2020
 
Travailler ....................................................................................
Eviter le stress du changement

Provoquée par la crise sanitaire, la brusque expansion du télétravail modifie les habitudes. Le temps, la relation à l’espace, le contact humain sont impactés par ce bouleversement qu’il faut savoir aborder avec de bonnes pratiques.


Si certains libéraux ont depuis longtemps l’habitude du travail à distance, d’autres, en raison de la crise sanitaire viennent de faire connaissance avec cette pratique qui bouleverse les habitudes. Des architectes, des avocats, des notaires ont été amenés à « abandonner » provisoirement ou plus durablement leurs agences, cabinets ou études, pour installer leur poste de travail à demeure. Ainsi leur domicile est devenu un lieu à usage mixte, privé et professionnel.

Cette pratique, déjà ancienne, permise par les progrès technologiques, a été baptisée télétravail. Fondée sur la distance et la confiance, elle modifie les habitudes en profondeur. Les rapports avec le temps, la hiérarchie, l’initiative ne sont plus les mêmes. L’éloignement de l’entreprise, de ses dirigeants ou collaborateurs ne doit pas influer négativement sur le travail à produire. Même pour des libéraux qui n’oeuvrent pas pour la plupart du temps dans des grandes structures, ne plus être au bureau où sa vie était rythmée depuis plus ou moins longtemps, c’est un défi et parfois même un choc.

Ayant une solide expérience du coaching, pour entreprises et pour particuliers, Maud Potier, consultante formatrice, souligne la nature des bouleversements auxquels le télétravailleur est soudainement confronté.
 

Maud Potier
Consultante Formatrice

"Le changement, explique-t-elle, est un facteur de stress, car il met en cause notre système de défense touché par la mise à terre de nos habitudes et de nos repères. Il faut donc trouver de nouveaux repères au niveau organisationnel et humain pour remplacer, par exemple, le café du matin ou le déjeuner pris en commun. Il est nécessaire de travailler sur l’adaptabilité, car chacun a un profil différent : il y a celui qui se sent perdu et à l’inverse celui qui va en faire trop… Apprendre à rester ensemble, en contact, bien que l’on soit à la maison, c’est l’enjeu. "

Le chef d’entreprise libérale a un rôle-clé pour maintenir le bon fonctionnement de sa structure. Il doit être vigilant et disponible, tout en laissant son équipe apporter des idées. L’un des moyens suggérés par Maud Potier est la création de nouveaux rituels, des rendez-vous téléphoniques quotidiens le matin par exemple. Le but est de resserrer les liens humains, mais en se gardant de trop envahir le collaborateur.

Autre changement à assumer, le langage : "L’écran fatigue, souligne Maud Potier. Cela nécessite d’être clair, synthétique, efficace. Il faut s’assurer de laisser la place à l’autre, surtout lorsqu’il s’agit d’un client. En cas de visio-conférence, il est indispensable de désigner un régulateur qui donnera la parole à ceux qui successivement lèveront la main. "

Si le télétravail connait un nouvel élan du fait de la crise sanitaire, il demeure encore difficile d’évaluer la part qu’il prendra sur le long terme dans la pratique professionnelle. Il a permis d’éviter la rupture d’activité pour nombre de professionnels. Il a l’avantage de limiter les déplacements quotidiens et donc les frais. Mais ses interactions à divers niveaux (productivité, rentabilité, environnement, relation humaine…) restent à préciser.


 
     

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