Newsletter Lib’Express éditée par l’AraPL Grand Sud
Directeur de la publication : Xavier Pélicot, Président de l’AraPL Grand Sud

N° 44
Juil/Août
2019
 
Retraite ...................................................................................................
Prévoir sans attendre

Face à l’évolution législative qui modifie les règles et le système de calcul des droits, il est indispensable d’anticiper les moyens de compléter ses revenus après l’arrêt de son activité professionnelle.

Si la question de la retraite concerne tout le monde, la manière dont elle doit être abordée diffère selon le statut et l’activité. Un professionnel indépendant ne dispose pas des mêmes perspectives qu’un salarié. Il a l’obligation d’anticiper. C’est d’autant plus important et complexe que la réforme en cours de débat modifie la donne. Elle conduit à la prudence et à la recherche de l’efficacité pour trouver la bonne réponse, l’enjeu étant pour un indépendant en général et un professionnel libéral en particulier de ne pas connaître une chute vertigineuse de ses revenus au moment où il cessera son activité.

 


Un large éventail
de solutions
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  Plusieurs solutions diversifiées, et plus ou moins risquées, s’offrent aux libéraux qui souhaitent se constituer une source de revenus complémentaires notamment en prévision de leur retraite et dans un cadre fiscal maîtrisé. Voici des exemples :

L’ASSURANCE VIE
C’est le placement préféré des Français. Ce support financier permet de se constituer un capital sur le long terme, source de revenus complémentaires. Par le biais de l’épargne et par la fructification du capital, l’assurance vie offre, a minima, un retour sur les montants investis et au mieux des gains diminués des frais. L’assurance vie repose sur deux types de supports : les obligations en euros qui garantissent le capital à long terme ; le placement multi-supports, plus risqué mais plus attractif.

LES SCPI
Les Sociétés civiles de placement immobilier offrent un placement « pierre-papier ». Elles incluent des immeubles avec une diversification au niveau de la typologie des bâtiments et des locataires qui les occupent : géants des télécoms, chaînes de distribution, grands hôtels… L’associé investisseur reçoit un loyer mensuel au prorata de son investissement initial. Le risque est dilué par l’ensemble du parc immobilier.

LA LOCATION MEUBLEE NON PROFESSIONNELLE
Il s’agit d’une autre forme d’investissement immobilier portant sur le long terme. Elle s’adresse à toutes les personnes souhaitant préparer leur retraite. Elle permet de devenir propriétaire d’un bien en percevant des revenus locatifs, quasiment non imposés sur une longue période, tout en récupérant la TVA, le bien devant être acheté neuf.

LA DEFISCALISATION
La loi Pinel permet d’investir dans un bien neuf en métropole tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt. Dans cette logique, le dispositif Denormandie dont l’objet est la rénovation et la réhabilitation de logements anciens situés aux centres des villes peut lui aussi être générateur d’une source de revenus complémentaires. La loi Censi-Bouvard permet quant à elle d’investir avec une réduction fiscale à la clé dans des biens immobiliers dans des secteurs porteurs comme les résidences de tourisme classées, les EHPAD ou les résidences pour étudiants ou séniors.
 
     
     





 Conserver son niveau de vie


"La faiblesse de la plupart des retraites libérales, estime Gilles Nacache du cabinet Atout Conseil et Patrimoine à Toulouse, amène la nécessité d’engager très tôt une réflexion sur le sujet, afin de constituer une retraite complémentaire. L’objectif est de conserver son niveau de vie à l’issue de sa carrière professionnelle. Je rencontre des professionnels libéraux qui disent à 40 ans qu’ils ont le temps d’y penser, mais à 55 ans c’est déjà trop tard !"

Pour ce conseiller en patrimoine, la règle qui s’applique aux libéraux est celle de la diversification. Celle-ci peut se traduire à travers trois catégories d’investissements : l’assurance vie, le patrimoine financier, le patrimoine immobilier. Tout cela se constitue au fil du temps, en mesurant cependant la part de risque. Les marchés financiers et les événements macro-économiques sont exposés à l’incertitude, alors que le placement dans la pierre reste une valeur sûre.

 Des possibilités adaptées à chacun

Sur ce dernier point, Gilles Nacache souligne l’intérêt des SCPI (Sociétés civiles de placement immobilier) qui présentent l’avantage d’acquérir elles-mêmes les immeubles, de les gérer, les louer, les entretenir et les revendre, ce qui évite bien des tracas et inconvénients. Il remarque aussi qu’il existe la possibilité d’acquérir des parts de SCPI en démembrement, une formule qui s’inscrit dans une perspective à long terme. Elle est fondée sur le besoin estimé au moment de la retraite. Elles n’entrainent pendant la période d’activité, ni revenus, ni fiscalité. En outre elles permettent une intéressante décote lors de l’achat et, comme pour toute acquisition de parts de SCPI, il n’y a pas de passage devant notaire.

"Malgré les changements à venir et une refonte totale du système s’orientant vers un modèle capitalistique et individualisé, pense Gilles Nacache, il est aujourd’hui possible de se prémunir de ces évolutions et de s’offrir une source de revenus complémentaires appréciables au moment de la retraite. Face à la pluralité des solutions proposées, il est primordial d’anticiper ce moment délicat et de s’entourer d’un professionnel qui saura comprendre, analyser et répondre aux attentes. Il n’existe pas de solution prédéfinie qui correspondrait d’une manière générale à tout professionnel indépendant, mais des possibilités adaptées à chaque personne en fonction de son profil et de ses souhaits."

  Le régime par points  
  Le projet en cours vise à modifier le système actuel en le remplaçant par un système estimé plus équitable où « chaque euro cotisé donnera droit aux mêmes droits quel que soit le statut ». Le régime par points va équivaloir à un régime par capitalisation où chaque assuré va devoir se constituer un capital lui permettant de financer sa retraite le moment venu. Le montant de la pension ne dépendra plus de la durée de cotisation, mais des points accumulés grâce au capital constitué par l’assuré. De plus, serait mis en place un système de décote en cas de départ anticipé avant un certain âge qui devrait se situer aux alentours de 64 ans.

 
     

     

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